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Des données incomplètes de Santé publique France compliquent le suivi de l’épidémie

En l'absence de données localisées sur les temps de test, il est difficile de mettre en place des politiques plus ciblées. Ici, un test Covid-19 à la caserne des pompiers de Marseille le 22 septembre.

Combien de personnes âgées sont mortes de Covid-19 dans des maisons de retraite cet été? La question fonctionne Jean-Marie Robine, chercheur à l’Institut national d’études démographiques (INED). A plusieurs reprises, il a relevé que Santé publique France (SPF), l’établissement chargé notamment de collecter les données relatives à la santé des Français, avait revu à la baisse le bilan des décès dans les maisons de retraite. En cause: des erreurs de saisie de données dans système de rapport de cas et les décès dans les maisons de retraite installées d’urgence à la fin du mois de mars.

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Le 4 septembre, après plusieurs autres changements cet été, l’agence a ainsi soustrait 38 victimes du nombre total de décès sans que les données précédentes soient corrigées. De quand datent ces décès, qui ont été comptés «en trop»? Santé publique France, qui se contente de publier le nombre de décès cumulés, ne l’indique pas. Par conséquent, faute de données quotidiennes fiables, “Impossible de suivre la situation dans le temps et de savoir combien de personnes sont mortes dans les maisons de retraite cet été”, se lamente Jean-Marie Robine.

Progrès depuis le début de la crise

Cette information manquante – pourtant cruciale pour éclairer les décisions publiques – fait partie d’une longue liste de données que les citoyens, les chercheurs et les journalistes demandent aux autorités sanitaires. Des progrès ont été réalisés depuis le début de la crise avec la création du tableau de bord officiel de Santé publique France, qui collecte des informations sur les hospitalisations, les décès et les tests. Mais de nombreux indicateurs sont encore indisponibles faute de système d’information approprié, de ressources humaines ou encore de cadre légal pour leur diffusion.

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C’est le cas des données qui permettraient l’efficacité des recherche de contacts, un dispositif clé dans le contrôle de l’épidémie qui vise à identifier et isoler le plus rapidement possible les personnes infectées. Le test viral RT-PCR doit en principe être effectué dans les 24 heures suivant l’apparition des symptômes et le résultat doit être délivré dans les 24 heures. Le monde cherché, en vain, à connaître ce délai, département par département, pour savoir s’il était bien tenu.

Les autorités sont d’autant plus dans l’ignorance qu’elles n’ont aucun moyen de savoir si les cas de contact sont testés.

Ces données sont enregistrées dans une base de données, appelée Sidep – pour le système d’information sur le dépistage Covid-19 – et analysées chaque semaine par Santé publique France dans son point épidémiologique. 1est En octobre, ce document indiquait que le délai observé entre l’apparition des signes cliniques et la date du prélèvement était en moyenne de 3,3 jours, auxquels s’ajoutait le délai de soumission des résultats (2,7 à 5,2 jours selon les régions).

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Rolande Desroches

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