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«J’ai encore les couilles! », Avoue Yoann Joubert sur l’échec du projet YelloPark

Yoann Joubert, PDG de Réalités. – David Phelippeau / 20 minutes

  • Lundi soir, Yoann Joubert, qui deviendra le futur patron du NAHB (club de handball féminin de Nantes), est revenu longuement sur l’échec du projet YelloPark.
  • Le PDG de Réalités a un souvenir amer de cet échec, mais se verrait recommencer sur un nouveau projet.
  • Il soutient qu’une réhabilitation de la Beaujoire est nécessaire plutôt qu’un tout nouveau stade à Nantes.

Il est marqué pour l’entendre. Yoann Joubert, PDG de
Réalités (promoteur immobilier), ancien associé de
Waldemar Kita, le président du FC Nantes, à la fin du projet
YelloPark (projet de nouveau stade), n’a pas hésité, lundi soir, à se confier à un feuilleton qui avait duré plusieurs mois à partir de septembre 2017 et qui avait suscité beaucoup de débats. À l’époque, Joubert était à la tête d’un volet immobilier en parallèle du projet de nouveau stade, porté par Kita. Il y a presque deux ans
Johanna Rolland a finalement décidé de retirer le volet immobilier puis au début de 2019 d’abandonner l’ensemble du projet
YelloPark.

Lundi soir, après avoir annoncé qu’il deviendrait avant le 30 juin la future présidente du club de la main féminine de Nantes, le PDG de Réalités est revenu sur l’affaire, mais n’a pas souhaité s’exprimer sur la volonté qu’il avait rendue publique en février 2019 de racheter le FCN «avec des partenaires».

En novembre 2018, il y a presque deux ans jour pour jour, Johanna Rolland a annoncé la fin de votre volet immobilier dans le projet YelloPark. Quels souvenirs en gardez-vous?

C’est loin et c’est proche parce que ça nous colle un peu. Cela a été une formidable transformation personnelle et corporative. C’était aussi un gros échec. C’était dur à avaler car nous avions un très bon projet. Je suis toujours convaincu que la ville en a besoin car nous ne produisons pas assez de logements. Le club doit posséder son outil, j’en suis convaincu aussi. Un outil réhabilité, j’en suis sûr aussi. Ensuite, nous avons fait des erreurs …

Lesquels?

Il y avait juste la concession à faire de ne pas construire un nouveau stade, mais que la Beaujoire devait être réhabilitée. Le groupe Réalités, c’était notre croyance au début. Je me reproche d’avoir abandonné cette idée car c’est l’une des raisons majeures de l’échec du dossier. Nous aurions proposé un projet de réhabilitation qui est possible, je pense que ce projet aurait commencé.

Pourquoi ?

Une rééducation, c’est allé plus vite. Entre 50 et 80 millions d’euros, vous faites déjà très bien quelque chose. Nous avions publié différents schémas… J’étais convaincu qu’il fallait faire un stade réhabilité avec un maximum de 32 000 places, et non un nouveau stade de 40 000 places. Après, je suis respectueux. Il y a un propriétaire appelé Waldemar Kita. Nous nous sommes alignés derrière le projet de nouveau stade qui a également été soutenu par la Ville au départ. C’était une erreur de connaître notre territoire, notre ville. Nous aurions dû savoir que c’était une erreur.

Pourquoi pensez-vous que c’était une erreur?

Le FCN est comme une cathédrale à Nantes. Cela fait partie de l’identité complète de la ville. Quand je vais dans ma filiale au Maroc, on me parle du FCN et non de Johanna Rolland. Tout le monde connaît le FC Nantes. Moi, ça me touche vraiment ce qui s’est passé il y a deux ans … Ce sont des choses qui nous ont manqué. Nous avons échoué, mais nous avons travaillé comme des fous, avec une totale sincérité. Nous avons gardé une très bonne relation avec les adversaires.

Vous n’avez pas écouté assez de supporters qui voulaient garder la Beaujoire, à laquelle ils sont très attachés?

Nous avons essayé sincèrement. J’aurais aimé cosigner le permis de construire avec les supporters. Je ne l’ai pas vu autrement. Vous devez construire avec les gens. J’ai encore les couilles. Je le répète, si ça devait redémarrer demain, je serais le premier heureux, mais ce serait une rééducation ou rien.

Quelle est votre relation actuelle avec Waldemar Kita?

Nous avons très peu de connexions. Je l’ai eu au téléphone la semaine dernière car la société YelloPark existe toujours. On en fait quoi? Nous ne savons pas vraiment. Sinon, il vit sa vie, je vis la mienne… Maintenant, on a l’impression d’être comme des blessés de guerre, l’impression d’avoir raté quelque chose pour la ville et pour le club. Moi qui déteste les échecs … Ils me disent de recommencer, je recommence demain. Je sais que c’était super bon pour tout le monde.

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Raimunde Michaud

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