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Que vaut Salto, la plateforme SVOD de TF1, France TV et M6?

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Après plusieurs mois de procrastination, Salto est lancé. Le service SVOD de TF1, France TV et M6 a démarré ce mardi 20 octobre. L’occasion de revoir son catalogue de lancement, ses forces et faiblesses et son interface.

Et Salto l’était. Après des mois et des mois d’hésitations, de changements d’horaire et autres rebondissements, la plateforme SVOD conçue conjointement par TF1, France TV et M6 a finalement été dévoilée au grand public le mardi 20 octobre. Il faudra un peu de temps avant de voir si le service pourra éviter les obstacles qui se dresseront inévitablement sur son chemin, et si les spectateurs répondront. Mais on peut déjà donner quelques premières impressions concernant l’interface – que nous avons pu tester sur la version en ligne, sur l’application mobile et sur Android TV – et le catalogue accessible au lancement.

La page d'accueil de Salto sur le navigateur. (capture d'écran)

La page d’accueil de Salto sur le navigateur. (capture d’écran)

Rien d’acrobatique dans l’interface

Les responsables de Salto avaient prévenu, en termes d’ergonomie, que Salto n’avait pas l’intention de réinventer la poudre. Nous sommes donc confrontés à une plateforme SVOD très classique, qui met immédiatement en avant des contenus exclusifs (mais pas de créations originales, du moins pour le moment) et les programmes actuellement visionnés par l’utilisateur. Le bouton d’accès à «Ma liste» est disponible sur la page d’accueil ou via le menu affiché par l’interface, dans l’onglet «Mon compte». Concernant la partie visualisation, c’est aussi assez classique. Vous pouvez choisir la langue parlée et celle des sous-titres, y compris pour la plupart des programmes disponibles sur le service. Par contre, pas de possibilité d’ajuster la définition de l’image, même pas dans le menu des paramètres.

Même des émissions comme Koh-Lanta bénéficient de sous-titres. (capture d'écran)

Même des émissions comme Koh-Lanta bénéficient de sous-titres. (capture d’écran)

Certains choix peuvent paraître curieux. Si vous reprenez la lecture d’une série depuis la page d’accueil, par exemple, il n’y a pas d’onglet pour afficher les autres saisons et épisodes disponibles. Vous devez retourner à la page d’accueil pour rechercher le contenu en question. Un petit détail qui sera peut-être vite corrigé sur le long terme, puisque les développeurs semblent être en mesure de développer l’outil au fur et à mesure des retours d’expérience.

Sur Android TV, même chose, Salto fait le choix de la simplicité. Après vous être connecté à votre compte à l’aide d’un code pour entrer dans vos paramètres de profil sur le site, vous accédez à une interface qui ressemble à deux gouttes d’eau comme celle de Netflix. La réception présente les programmes mis en évidence et le menu latéral vous permet de filtrer par thème ou par chaîne. Comme sur les versions web et mobile, le lecteur vidéo offre le minimum syndical en termes d’options et de fonctionnalités (avance et retour rapides et choix entre Original et Français avec ou sans sous-titres). L’interface est cependant fluide et adaptée aux grands écrans. Petit point noir, le mélange entre SVOD et replay rend la navigation un peu difficile si vous essayez de trouver un épisode spécifique de Scènes de ménages ou de Kaamelott par exemple.

L'interface sur Android TV. (capture d'écran)

L’interface sur Android TV. (capture d’écran)

Équilibrage entre replay et VOD

Et c’est précisément sur ce point que nous adressons la principale critique à Salto. Ses développeurs n’ont pas jugé nécessaire de séparer distinctement les programmes réellement disponibles à la demande, c’est-à-dire à toutes les saisons et pour une durée de plusieurs mois, et le contenu accessible uniquement en replay – identifiable grâce au logo de la chaîne concernée sur les vignettes. Ces derniers semblent extrêmement nombreux, ce qui est un peu dommage car la plupart d’entre eux se retrouvent déjà sur les services de rediffusion gratuite des différentes chaînes.

Un exemple ? Plus belle vie et ses 4130 épisodes. Hormis deux épisodes disponibles en avant-première sur Salto, le contenu proposé est pour le moment exactement le même que sur la rediffusion de France 3, qui date du 21 septembre. Impossible d’accéder aux saisons précédentes, ce qui est néanmoins possible pour d’autres séries conçues par France TV comme Candice Renoir par exemple. Kaamelott souffre du même problème, alors que l’accès à ses 8 saisons aurait été un beau produit pour le lancement. On peut parier que Salto aura à cœur de résoudre rapidement ces problèmes de cohérence afin de ne pas frustrer les abonnés potentiels.

Certains programmes comme Kaamelott ne sont accessibles que par la rediffusion des chaînes des groupes TF1, France TV ou M6. (capture d'écran)

Certains programmes comme Kaamelott ne sont accessibles que par la rediffusion des chaînes des groupes TF1, France TV ou M6. (capture d’écran)

En général, la plateforme manque actuellement de contenu qui lui permettrait de vraiment se démarquer. On peut lui attribuer des efforts d’éditorialisation, des segments thématiques (et des choix thématiques bizarres comme “Meurtres où vous voulez”), des suggestions basées sur le signe astrologique de l’utilisateur ou des sélections concoctées par des célébrités ou une rédaction spécialisée.

Vous en rêviez, Salto l'a fait: la sélection de Kev Adams. (capture d'écran)

Vous en rêviez, Salto l’a fait: la sélection de Kev Adams. (capture d’écran)

Mais même par rapport au catalogue annoncé pour l’ouverture, il y a des échecs difficiles à pardonner compte tenu du temps de gestation de Salto. On pense à la série Malcolm et P’tit Quinquin, introuvable sur la plateforme au moment de la rédaction de cet article et pourtant promis dans la communication du projet.

Les suggestions basées sur l'horoscope sont… surprenantes. (capture d'écran)

Les suggestions basées sur l’horoscope sont… surprenantes. (capture d’écran)

Le grand écart de contenu

Admettons au moins que le catalogue est encore un peu moins sommaire que ce à quoi on pourrait s’attendre. Salto a notamment réalisé un tour de force en obtenant la barbe de Netflix la saison exclusive 4 de Fargo, l’excellente série inspirée du film éponyme des frères Coen. Il propose également des contenus inédits en France, tels que Un scandale très anglais, une mini-série en trois parties conçue par le réalisateur Stephen Frears. L’autre coup d’Etat de Salto est de permettre au public français de dévorer le complet Parcs et loisirs, une sitcom culte qui n’avait jusqu’alors eu le droit de diffuser que sur Canal + Séries il y a quelques années.

Salto propose plusieurs collections de films thématiques. (capture d'écran)

Salto propose plusieurs collections de films thématiques. (capture d’écran)

Pour le reste, la plateforme jouera principalement sur la nostalgie de ses utilisateurs, qui pourront trouver des oeuvres comme Buffy contre les vampires, Femmes au foyer désespérées, L’abbaye du centre ville ou Seinfeld. Contenu appréciable, mais que l’on pouvait déjà regarder sur Amazon Prime. Notons enfin la présence de certains films de François Truffaut, Sofia Coppola ou Coluche, aux côtés de comédies d’écoliers comme Pattaya ou Les sous-douéset des classiques tels que Parapluies de Cherbourg ou la saga Rocheux, comme de petites perles d’animation, le très touchant Ma vie de courgette écrit par Céline Sciamma. Une sélection qui a au moins le mérite de l’éclectisme, et qui devrait grandir avec le temps. Dans tous les cas, il sera nécessaire si Salto veut assurer sa survie.

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Rolande Desroches

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