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Climat: voici les virus tropicaux qui menacent la France

Parmi les multiples conséquences du réchauffement climatique pour la France, la propagation de nouveaux virus préoccupe particulièrement les autorités sanitaires.

La hausse des températures a en effet créé des conditions (chaleur et humidité) favorables à la prolifération d’espèces capables de transmettre des virus qui n’étaient pas présents jusqu’à récemment en France métropolitaine, en particulier le moustique tigre (Aedes), les phlébotomes et certaines tiques, trois espèces à l’origine de la transmission des «arbovirus», ou maladie de Lyme.

Arrivé en Europe par avion ou par bateau dans les années 2000, le moustique tigre s’est d’abord installé dans le sud de la France, avant de se déplacer vers le nord avec la hausse des températures moyennes. Il se trouve maintenant dans 58 départements métropolitains, jusqu’à l’Ile-de-France.

Le Chikungunya

Comme la Dengue et le Zika, le Chikungunya est transmis principalement par le moustique tigre, dont le réchauffement climatique a permis la propagation en France: il était présent en 2019 dans 58 départements métropolitains.

Le virus a été identifié pour la première fois en Tanzanie en 1952. Son nom signifie «homme qui marche plié», en raison de ses symptômes: fièvre, douleurs articulaires, maux de tête, éruptions cutanées … qui disparaissent au bout de quelques jours. Dans 10 à 40% des cas, cependant, la personne touchée ne présente aucun symptôme.

Cependant, les personnes les plus fragiles (nouveau-nés, personnes âgées ou immunodéprimées …) peuvent développer des symptômes plus graves, comme une méningo-encéphalite.

Le virus est apparu en Europe en 2007, et un premier cas autochtone enregistré en France en 2010, dans le Var. En octobre 2014, 12 autres cas indigènes avaient été observés à Montpellier.

La dengue

Près d’un tiers de la population mondiale vit dans des zones à risque de dengue, dont la France fait désormais partie. Les premiers cas indigènes de Dengue ont été identifiés en Europe ces dernières années, et les dix premiers cas en France ont été identifiés en 2019.

Asymptomatique dans 50 à 90% des cas, la dengue se manifeste chez les autres par une forte fièvre, des frissons, des nausées, des douleurs articulaires, des vomissements ou des douleurs derrière les yeux. Une éruption cutanée peut également survenir.

Une forme sévère est observée dans 1 à 5% des cas, avec des hémorragies pouvant entraîner la mort.

Zika

En octobre 2019, les deux premiers cas indigènes de virus Zika ont été signalés au VAR, à Hyères. Les deux personnes concernées ont été infectées par une piqûre d’un moustique tigre.

Dans 70 à 80% des cas, les personnes infectées ne présentent aucun symptôme. Les 20% à 30% restants peuvent avoir une faible fièvre, des courbatures, des maux de tête, des éruptions cutanées ou une conjonctivite associée à des douleurs derrière les yeux. La guérison a lieu en moins d’une semaine, sans séquelles. Chez la femme enceinte, cependant, le virus peut dans certains cas entraîner des complications chez le fœtus.

FIÈVRE JAUNE

À ce jour, aucun cas indigène de fièvre jaune n’a été identifié en France métropolitaine. Sur le territoire français, seule la Guyane ayant connu des cas de la maladie, le dernier juillet dernier. Mais l’apparition des deux cas indigènes de Zika en octobre 2019 suscite des inquiétudes quant à son arrivée en France.

La fièvre jaune peut être de gravité variable. Asymptomatique dans 50 à 85% des cas, elle peut être caractérisée par un état grippal, une forte fièvre, des douleurs musculaires ou dorsales et une congestion du visage et du cou.

15 à 25% des personnes présentant des symptômes peuvent entrer dans une phase dite «toxique» et développer une jaunisse (ou jaunisse), ou souffrir de saignements de nez et de bouche, de saignements digestifs avec vomissements sanglants, insuffisance rénale ou même convulsions. La moitié de ces patients en phase toxique meurent dans les 10 à 14 jours.

maladie de Lyme

La maladie de Lyme, également connue sous le nom de borréliose de Lyme, est transmise à l’homme par la piqûre d’une tique infectée. Présent dans toute la France, ces tiques vivent dans les zones boisées et humides ou dans les herbes hautes.

Le nombre de cas en France est en constante augmentation, avec environ 50 000 nouveaux cas identifiés chaque année. Et la hausse des températures semble favoriser l’explosion de la maladie, les tiques proliférant grâce à la chaleur.

UNE étude américaine récente a ainsi montré qu’une augmentation de 2 ° C des températures moyennes aux Etats-Unis entraînerait une augmentation de 20% du nombre de cas dans le pays.

Les symptômes de la maladie de Lyme, encore peu connus, sont nombreux. Un mois après la morsure, une plaque rouge et ronde peut apparaître. Ensuite, fièvre, maux de tête, fatigue, douleurs musculaires et articulaires ou gonflement des ganglions lymphatiques.

Si aucun traitement lantibiotique n’est suivi, des symptômes plus sévères peuvent survenir et durer des mois, voire des années. Parmi ceux-ci, peuvent survenir des troubles neurologiques (confusion mentale, vertiges, douleurs nerveuses, picotements dans les mains ou les pieds …), des maux de tête intenses, des paralysies faciales, de l’arthrite, des problèmes cardiaques, voire de la fatigue ou des troubles du sommeil.

Usutu

L’Usutu vrisu, découvert en Afrique du Sud en 1959, a été repéré pour la première fois en Europe en 2001, en Autriche. En France, il avait été identifié en 2015 chez les oiseaux. Et le premier cas en France d’Usutu chez l’homme a été identifié en 2016, un homme de 39 ans ayant alors souffert d’une paralysie faciale.

De la même famille que Dengue ou Zika, le virus se transmet par piqûres de moustiques. Asymptomatique dans la plupart des cas, elle peut entraîner des troubles neurologiques.

Nil occidental

Le virus «West Nile» ou «virus du Nil occidental» doit son nom à la région où il a été identifié pour la première fois. Il peut être transmis par nos moustiques locaux (Cluex pipiens), et possède certaines espèces d’oiseaux comme réservoir naturel. Ce virus s’est propagé pour la première fois en Europe à grande échelle en 2018. 2083 cas avaient été enregistrés au total, pour 181 décès. En France, 27 cas ont été identifiés, dans les Alpes-Maritimes.

Pour l’année en cours, au 10 septembre, 173 cas ont été répertoriés en Europe, dans quatre pays: Grèce, Espagne, Italie, Roumanie.

Dans 80% des cas, la maladie est asymptomatique, mais le virus peut provoquer de la fièvre, des maux de tête et des douleurs musculaires.

Fièvre hémorragique Crimée Congo

Identifié pour la première fois en Europe (Espagne) en 2018, le virus de la fièvre hémorragique de Crimée Congo n’a jusqu’à présent pas été détecté en France. Mais les autorités sanitaires surveillent de près la situation, d’autant plus que ce virus décrit pour la première fois en Crimée, puis au Congo, en 1944, a un taux de mortalité de près de 30%. Il provoque en effet des hémorragies massives.

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Rolande Desroches

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