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Diamond, retour de Rabiot, long match de Pogba, qu’avons-nous appris des Bleus cette semaine?

L’entrée de Pogba a fait la différence face à la Croatie. – FRANCK FIFE / AFP

Trois matchs sans défaite et possibilité de jouer la première place du groupe de la Ligue des Nations contre le Portugal en un mois. Les Bleus ont fait le travail sans sourciller lors de cette trêve internationale, même si le nul contre le Portugal aura été une souffrance de plus dans une période qui en sait déjà trop.

20 minutes fait le point sur ces dix jours d’immersion à Clairefontaine (pour les joueurs, c’était uniquement par Zoom).

Le diamant n’a pas fait de miracles

Après le 3-5-2, DD a de nouveau innové en sortant de son tiroir magique un diamant très rarement utilisé sous son mandat juste pour avoir un nouveau système de rechange au cas où. Cela n’a pas changé la nature profonde de l’équipe de France, qui ne sait pas dominer ni imprimer les temps forts. Défensivement, il était même en difficulté comme rarement à Zagreb, a admis Lloris.

En seconde période, c’était moyen. Nous avons été étouffés par notre adversaire, ils n’avaient plus rien à perdre, ils devaient gagner ce match. Ils ont commencé la seconde période avec beaucoup plus d’agressivité et d’intensité. Nous avons joué un peu trop bas et avons eu du mal à tenir le ballon. Ils avaient la maîtrise alors nous avons souffert ».

Grizou est toujours malade, mais on peut le guérir

“J’ai tout mis et si ça allait dans les gradins, c’était pareil.” Antoine Griezmann n’a pas fait semblant de nous faire croire que son objectif était le résultat d’une frappe maîtrisée de A à Z. Mais même un peu chanceux, ce but fera beaucoup de bien dans la tête du leader de l’attaque française, qui joue à l’envers depuis qu’il a quitté l’Atletico pour le Barça. Cela ne lève pas les réserves des observateurs, après un match encore non précisé mercredi, mais disons que Grizou a gagné quelques semaines de répit.

Rabiot est de retour dans le jeu

On pensait que Rabiot était perdu pour la cause internationale depuis son méprisable retour en Bulgarie, un soir de 2017 où la situation commandait du caractère et de l’engagement, tout ce qui manquait à l’environnement parisien. Trois ans plus tard, dans un cadre équivalent, il réalise sa meilleure moitié avec le maillot bleu. Des récupérations importantes, des percées pour un coureur de 400m, et quelques relances bien ressenties, telle était la version qui a longtemps été demandée au milieu de terrain inconstant de la Juve.

Deschamps, n’a pas été obligé de le rappeler au vu de l’immense réservoir à ce poste, mais en l’établissant dans les deux matches qu’il a pu jouer lors de cette trêve internationale (il a été forfait face à l’Ukraine), le sélectionneur a prouvé qu’il trouvait un peu quelque chose de plus en elle. “Adrien a confirmé tout ce qu’il fait bien. Il a une aisance technique, le showdown, un très très bon niveau ». L’ancien parisien peut-il encore tout gâcher? Ce serait tragique maintenant qu’il est revenu à l’équation.

Pogba est indispensable à cette équipe (et il a le meilleur match long du monde)

Il n’avait pas les jambes pour débuter deux matchs de suite, mais Pogba n’a pas eu besoin de plus de cinq minutes pour rappeler à tout le monde que l’équipe de France n’était pas sans lui.

Son long jeu est un délice qui n’est pas assez loué. DD s’est occupé de ça pour nous. «La qualité de l’avant-dernière passe, cette capacité technique, c’est ce qui déclenche tout sur le but de Mbappé. Il est l’un des leaders, il a cette capacité de pouvoir être décisif et être un moteur ». Il y a de bons élèves et ceux qui améliorent leur classe. Paulo est l’un d’entre eux.

Les vieux grognards peuvent le voir venir

Deux réflexes DD qui nous ont fait sourire. La première ? Lorsque la Croatie a égalisé et que les Bleus ne mettaient plus un pied devant l’autre, il a envoyé toute la vieille garde se réchauffer. Pogba, Hernandez et Giroud, alors que l’on jurerait qu’il avait plutôt prévu de lancer d’abord un Ben Yedder ou un Coman. Lorsque les choses se compliquent, l’entraîneur fait la différence entre ses soldats en sécurité et tous les autres.

La deuxième ? Ce petit indirect sur Grizou lorsqu’il commente son but “Le 33e but au cas où vous ne l’auriez pas remarqué”. En d’autres termes ? “Je ne suis pas prêt à lâcher prise.”

Camavinga n’est pas parfait (ouf)

DD a préféré en rire en le blâmant sur le bruit dans les tribunes, mais quand même. Le petit Eduardo a des défauts. Le Rennais, dont les débuts en équipe nationale ressemblait à une rêverie faisait un peu défaut en Croatie. Il n’a pas compris qu’il devait basculer avec Rabiot au moment de son entrée, et cette hésitation n’a pas été sans conséquence sur l’égalisation croate.

Deschamps: “Nous aurions dû sortir sur le changement de frappeur ou pas de changement, mais disons qu’il leur a fallu un peu de temps pour se positionner car je voulais qu’ils se positionnent”. Compris Eduardo?

Digne est devenu un sacré bon joueur à Everton

Jusqu’à présent, Lucas Digne a été considéré un peu comme la cinquième roue de l’entraîneur. L’ami qu’on appelle quand les autres ont dit non et avec qui on ne passe pas une mauvaise soirée, mais pas super non plus.

Mais le vieux parisien est devenu un sacré bon joueur à Everton, qui nous avait échappé depuis que la vie n’est pas assez longue pour tomber sur les matchs d’Everton. Sa contribution offensive a été remarquable en Croatie et contre l’Ukraine, lorsque son amour autrefois suspect pour le duel ne mérite plus d’être critiqué. Respect, monsieur Digne.

Mendy verra l’Euro passer sous son nez

Conséquence de ce que nous venons d’écrire plus tôt, cela ne sent pas bon pour Ferland Mendy. L’ancien Lyonnais pourrait bien être le latéral gauche titulaire pour les matchs qui comptent au Real dans l’esprit de Zizou, il est toujours à la place du défunt en sélection. Derrière Hernandez et Digne à gauche, et derrière le duo Pavard-Dubois à droite.

Pourtant, le garçon ne démérite pas. Impliqué dans le but de Griezmann, il s’est battu à contrecœur, se défendant toute la soirée sur son piètre soutien contre Perisic et compagnie. Courage, Ferland.

Les Bleus sont toujours compétitifs

Le schéma change, les hommes aussi, le contenu vaut ce qu’il vaut, mais le résultat ne varie pas. La France n’a perdu que deux fois lors de ses 33 derniers matches, ce qui en dit long sur le degré extrême de compétition des champions du monde, ou de ceux qui aspirent à le devenir avec eux. N’Zonzi est un homme de peu de mots, mais il a su le résumer tout simplement au micro de la chaîne l’équipe.

«Il s’agit de rester solide, il s’agit de ne pas abandonner, de continuer à pousser, de rester en place défensivement, puis on parvient à rester dans le match même quand on concède un but. Ce n’est pas toujours facile. Et puis nous parvenons à continuer à créer quelques opportunités et à être efficaces ». Pas plus difficile que ça.

Laissez la paix à Mbappé

Peu de musique poursuit le prodige parisien depuis quelques mois. Mbappé ne progresserait pas assez, prisonnier de son profil de joueur profond, incapable de «se réinventer» pour exister dans des matches plus cadenassés, comme contre le Portugal. Contre la Croatie, certains lui ont reproché de réclamer le ballon dans les pieds en permanence pour tenter des accélérations à la Neymar.

Il ne s’est pas toujours senti bien, mais il faudrait savoir: doit-il sortir de sa zone de confort ou pas? Pour nous, c’est oui, et ses remises de retour au but ne devaient pas être lancées à Zagreb, par exemple. Et puis merde. Même quand il n’a pas une grosse soirée, même quand le sol est mou, même quand il doit rejouer dans deux jours, le crackito de Bondy larmes pour donner la victoire aux Bleus. Nous avons le droit de le laisser tranquille, non?

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Alveré Paquet

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