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comment les principaux moyens de lutter contre le virus ont été négligés

Pourquoi une telle résurgence de l’épidémie en France? Parmi les réponses possibles, données de l’étude CoviPrev de Santé publique France donner des indicateurs précieux sur les pratiques des Français. Qui ne peut pas, à lui seul, expliquer le retour du virus, mais le soutenir au moins.

On constate tout d’abord que les Français ont largement adopté la culture du masque: cet accessoire initialement indisponible, présenté comme “inutile” lorsque le pays n’était pas confronté à “une circulation active du virus”, il s’imposait partout, même à partir du confinement des Mars avril.

7 Français sur 10 “masqués” fin août

Seuls 15% des Français déclarent en porter “systématiquement” fin mars alors qu’ils étaient “en public”, selon l’enquête CoviPrev. Ce chiffre était proche de 74% fin septembre au niveau national.

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Quel étonnement devant la résurgence de la maladie … Mais ce serait oublier que porter un masque n’est vraiment efficace que si tout le monde le porte correctement.

Et, surtout, que selon les régions, son port est plus ou moins systématique, comme le montre la carte ci-dessous (données arrêtées fin août):

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Les pourcentages ont peut-être changé depuis, mais l’infographie montre surtout de fortes disparités locales: parmi les régions les plus vertueuses, on retrouve le Grand Est, l’Île-de-France et les Hauts-de-France – les plus touchées – et donc meurtries – par la première vague. Mais les meilleurs étudiants sont en Bourgogne-Franche-Comté.

Les régions moins adeptes des masques

En revanche, l’Auvergne-Rhône-Alpes et, plus encore, la Provence-Alpes-Côte-d’Azur, se démarquent comme l’Occitanie par de mauvaises pratiques. Ces trois régions sont parmi les plus touchées par la pandémie ces dernières semaines:

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Surtout, le masque n’est que l’un des quatre gestes de barrière recommandés par les autorités sanitaires pour enrayer l’épidémie. Et les autres affichent … une baisse régulière depuis plusieurs mois, comme “tousser dans le coude”, “utiliser un mouchoir jetable”, “bien se laver les mains”, etc.

Autres gestes de barrière négligés

Si 66% des gens disent encore, fin septembre, se laver les mains régulièrement, ils étaient 76,4% fin mars. Il s’agit d’une forte baisse, mais toujours limitée par rapport aux autres pratiques recommandées.

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Ainsi, la proportion de personnes déclarant «éviter les groupements de personnes et les rencontres en face à face» a chuté … de 90% à 32,3! Il en va de même pour le respect de la distance d’un mètre, qui s’effondre de 85 à 52%, ou le fait de se saluer “à distance”, qui passe de plus de 92% à moins de 70%.

Adoptez le «modèle Emmental»

Cependant, la distance physique reste – plus que jamais avec cette seconde vague – le seul moyen efficace de prévenir toute contamination: le virus est toujours transmis principalement par gouttelettes, c’est-à-dire lors d’un contact assez étroit (un mètre ou moins) entre deux personnes. Une contamination par aérosolisation et transportée à la main (au contact d’un objet «souillé») existe, mais reste marginale.

Et tous les autres gestes de barrière ne se dispensent pas de la distance physique, souligne Santé Publique France.



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Si nous appliquons une mesure, ou deux ou trois, le virus peut encore passer, mais finira par trébucher au quatrième

Pr Karine Lacombe, spécialiste des maladies infectieuses

Le «modèle Emmental» est issu du modèle de Reason: à l’origine, dans les années 90, il a été imaginé par James Reason, professeur de psychologie, pour expliquer les accidents industriels, chimiques par exemple. C’est aussi un modèle utilisé par la Haute Autorité de santé pour expliquer un accident du système de santé. Cela revient à dire que lors d’un événement exceptionnel, les causes sont souvent multiples.

Sauf qu’avec la généralisation du port du masque, beaucoup de gens ont “oublié” les autres gestes, y compris la distance nécessaire à respecter avec leurs voisins … ou ont été contraints de

l’abandonner au travail, dans les transports publics ou à l’école.

Plus comme le rappelle le Haut Conseil de la Santé Publique, “la distance physique d’au moins un mètre reste une mesure forte de sa doctrine et ne peut être abandonnée. Le HCSP rappelle également que cette distance est un minimum, et que, lorsque cela est possible, une distance plus grande est de la nature pour réduire encore le risque En effet, les masques n’ont pas une performance de filtration de 100% (et ne sont pas scellés latéralement) », insiste le HCSP.

Concentrez-vous sur la distance physique

Et de continuer: “Même s’ils réduisent considérablement l’émission de gouttelettes, chaque personne peut être amenée à le retirer à un moment donné près d’une autre personne et les masques ne sont pas toujours portés correctement. La distance physique a Il est donc très important de réduire la transmission de proximité même lorsque vous portez un masque, en particulier dans un environnement fermé mal ventilé avec une forte densité de personnes. “

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Emmanuel Macron devrait annoncer une reconduction cette semaine – au moins sa version nocturne, un couvre-feu durci et élargi. Avec, justement, cet objectif: imposer le respect de la distance physique en limitant au maximum les contacts physiques entre les personnes – le principe même de l’enfermement.

Rolande Desroches

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