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Progrès dans la prise en charge des cas graves de la maladie

Jean Castex visite le CHU de Montpellier le 11 août 2020. – PASCAL GUYOT-PISCINE / SIPA

Corticostéroïdes, des solutions pour éviter l’intubation… On sait mieux traiter aujourd’hui qu’au début de pandémie patients de
Covid-19 le plus grave, qui peut sauver des vies, selon des spécialistes interrogés par l’AFP en France et aux Etats-Unis. «Beaucoup de progrès ont été réalisés», assure le Pr Eric Maury, président de la Société de réanimation en langue française (SRLF).

«La survie s’est considérablement améliorée aux États-Unis, dans tous les groupes d’âge», ajoute Daniel Griffin, responsable des maladies infectieuses chez ProHEALTH, un groupe de mille médecins dans 22 hôpitaux de la région de New York. .

Pic de corticostéroïdes

Première partie de ce progrès: la drogue. Depuis juin, plusieurs études ont prouvé les bienfaits des corticostéroïdes chez les patients gravement malades. Selon une série d’études publiées le 2 septembre dans la revue médicale américaine Jama, ces médicaments permettent de réduire la mortalité de 21% après 28 jours chez les patients atteints de Covid-19 sévère, en combattant l’inflammation caractéristique des formes sévères.

Aucun autre médicament n’a montré un effet significatif sur la réduction de la mortalité. Cela a conduit l’Organisation mondiale de la santé à recommander «l’utilisation systématique de corticostéroïdes chez les patients atteints d’une forme sévère ou critique» de la maladie. «C’est un traitement qui pourra sauver des vies», s’enthousiasme le professeur Djillali Annane, de l’hôpital Raymond Poincaré de Garches (AP-HP), co-auteur d’une des études.

Autre changement: «Nous administrons des anticoagulants beaucoup plus tôt et de manière beaucoup plus agressive», explique le Pr Marc Leone, de la SFAR (Société Française d’Anesthésie et de Réanimation). Le but est de prévenir la formation de caillots sanguins, l’une des complications graves de Covid-19.

Évitez l’intubation du patient

Plus généralement, «ces patients sont traités avec un nombre beaucoup plus restreint de médicaments ciblés», selon le professeur Griffin. Exit donc l’hydroxychloroquine, traitement au centre de vives controverses mais dont les études n’ont pas prouvé l’efficacité.

Au-delà des médicaments, de grands progrès ont été réalisés dans la prise en charge respiratoire des patients les plus affectés, qui sont en réanimation. «Au début, nous avons intubé les patients très rapidement. Aujourd’hui, nous faisons tout pour éviter l’intubation », résume Kiersten Henry, infirmière à l’hôpital MedStar d’Olney (Maryland).

L’intubation consiste à insérer un tube dans la trachée du patient pour le connecter à un appareil de respiration artificielle. Indispensable dans certains cas, cette procédure invasive est très lourde et peut entraîner des complications, notamment des infections. «Nous nous sommes rapidement rendu compte que les patients placés sous assistance respiratoire avaient très peu de chances de survie», se souvient le professeur Griffin.

En Allemagne, une étude publiée fin juillet dans la revue The Lancet a montré que, tous âges confondus, 53% des patients Covid-19 placés sous assistance respiratoire sont décédés (ce pourcentage grimpait à 72% chez les plus de 80 ans).

Une alternative est donc apparue: l’oxygénothérapie à haut débit. Relativement récente – il y a une dizaine d’années – cette technique consiste à infuser au patient de gros volumes d’oxygène via de petites buses placées dans son nez.

“Times-face”

“Il est très efficace, beaucoup moins invasif et donc beaucoup plus facile à utiliser que l’intubation”, a déclaré à l’AFP le professeur Jean-Damien Ricard, de l’hôpital Louis-Mourier de Colombes (AP-HP). Il a mené une étude publiée mi-juillet dans la revue Médecine de soins intensifs, ce qui montre que l’oxygénothérapie remplace avantageusement l’intubation chez certains.

«Cela concerne un peu plus de 30% des patients de notre série», poursuit-il. Comme ceux qui sont intubés, ces patients sont placés sur le ventre pour «re-ventiler les zones postérieures du poumon», ce qui semble à nouveau bénéfique.

“Il y aura toujours des morts”

Bien que les études confirmant leur utilité soient récentes, toutes ces améliorations sont mises en œuvre depuis un certain temps, guidées par l’observation et la pratique médicale. «Sur l’intubation, les corticostéroïdes, les anticoagulants ou l’hydroxychloroquine, il y a eu une volte-face complète entre début mars et début avril. Les principales mesures que nous avons mises en place début avril étaient à l’opposé des recommandations de début mars, et c’est cette approche que nous utilisons encore aujourd’hui », note le professeur Griffin.

«Lorsqu’une nouvelle maladie apparaît, au début on ne sait pas quoi faire, alors la connaissance s’épanouit chaque jour», selon le professeur Maury. «C’est comme au début de l’épidémie de sida», ajoute Kiersten Henry.

Malgré ces améliorations, les spécialistes mettent en garde contre un optimisme excessif: «Il y aura toujours des morts. Les gens ne doivent pas penser que nous avons trouvé un remède à cette maladie », prévient le professeur Leone.

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Alveré Paquet

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