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bilan de Covid-19 en France mardi 8 septembre 2020


CORONAVIRUS EN CHIFFRES. Le dernier rapport de Covid-19 en France fait état de plus de 6500 cas supplémentaires en 24 heures et surtout une nette dégradation de la situation dans les hôpitaux, ainsi qu’un nombre élevé de décès …

Le nombre de cas de coronavirus en France n’a cessé de croître à un rythme constant depuis fin août, avec plus de 6500 tests positifs ce mardi 8 septembre, portant le nombre de cas à 335524 depuis le début de l’épidémie. C’est l’impact de cette circulation accrue du virus qui inquiète désormais les autorités avec des données relativement élevées dans les hôpitaux dans le dernier rapport. 490 nouvelles hospitalisations ont été enregistrées au cours des dernières 24 heures ainsi que 86 personnes nouvellement admises aux soins intensifs. Le solde des hospitalisations actuelles augmente de 53 patients, celui des réanimations de 37. «Tous les indicateurs de suivi épidémique montrent une nette détérioration de la situation avec un impact sanitaire croissant», écrit ce mois-ci le ministère de la Santé. Mardi soir.

Voici les dernières données officielles disponibles sur Covid-19 en France selon les rapports quotidiens de Santé publique France et tu ministère de la Santé, sur la base des données des tests SI-DEP, des données hospitalières et des retours d’expériences des établissements médico-sociaux, y compris les maisons de retraite médicalisées. De nombreux détails sont nécessaires pour bien comprendre ces chiffres. Ils sont détaillés sous le tableau:

Voici le nombre de cas de Covid-19, de décès, d’hospitalisations, de réanimations et de cures observés plus ou moins par rapport au bilan précédent (généralement la veille). Dernières données disponibles en France selon les rapports quotidiens de Santé publique France et du ministère de la Santé:

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À partir de ces données quotidiennes sur le coronavirus en France, nous avons établi plusieurs courbes qui nous permettent d’observer l’évolution du virus en fonction du nombre de cas confirmés (par test PCR, autrement dit nasopharyngien), du nombre d’hospitalisations et de patients en réanimation, le nombre de décès hospitaliers et totaux et le nombre de retours à domicile, assimilés à des cures.

Précision importante sur le nombre de cas: le gouvernement et Santé publique France ont modifié leur méthode de collecte des données sur les résultats des tests à la mi-mai, avec le Projet SI-DEP. Si le nombre de cas détectés semble aussi élevé fin août / début septembre qu’à fin mars / début avril, les chiffres ne sont donc pas totalement comparables. Tant la quantité que la nature des tests effectués ont beaucoup évolué depuis le déconfinement. De quelques milliers de tests, la France est passée aujourd’hui à plus d’un million de tests chaque semaine, impactant inévitablement les chiffres. De plus, au plus fort de la crise en mars / avril, les tests concernaient principalement des personnes gravement malades admises à l’hôpital, mettant de côté tous les patients ne présentant pas ou peu de symptômes. Dans une article daté du 9 juillet, Santé publique France a estimé par extrapolation que pour la semaine 11 (du 9 au 15 mars), le nombre de personnes infectées par le SRAS-CoV-2 aurait pu s’élever à 720000 cas contre moins de 6400 effectivement enregistrés au cumul de l’époque. Des centaines de milliers de cas auraient ainsi échappé au radar jusqu’en mai, ce qui est partiellement comptabilisé aujourd’hui avec la généralisation des tests, y compris chez les personnes asymptomatiques.

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NB: Des erreurs et des corrections de données ont été rapportées à plusieurs reprises par Santé publique France, conduisant parfois à des surestimations généralement suivies d’évolutions négatives du nombre de cas et de décès. Il faut également distinguer ici l’évolution du nombre total de patients hospitalisés à un instant T et les nouvelles hospitalisations, c’est-à-dire les nouvelles admissions à l’hôpital chaque jour (brutes). Dans un cas, il s’agit d’un solde, qui prend en compte les admissions, mais aussi les sorties de l’hôpital (guérisons ou décès). Dans l’autre, on ne parle que des nouvelles admissions à l’hôpital ou à l’unité de soins intensifs pour Covid sur une journée. Pour chaque graphique, la courbe représente le total (ex: total des cas, hospitalisations en cours) tandis que les barres correspondent aux tendances quotidiennes (soldes d’hospitalisations chaque jour, nouveaux décès, etc.).

Le ministère de la Santé calcule également, à partir des données brutes, une série de statistiques sur la progression du Covid-19 dans le pays. Quatre indicateurs particulièrement importants sont présentés ci-dessous: le taux d’incidence, le nombre de reproductions effectives, le taux d’occupation des lits de réanimation et le taux de positivité des tests RT-PCR. Si les deux derniers sont facilement compréhensibles (pourcentage de lits de réanimation occupés et pourcentage de tests positifs sur le nombre total de tests effectués), les deux premiers méritent une définition.

Le taux d’incidence, représenté par la première courbe, est considéré comme un indicateur clé de la virulence du virus. Il s’agit du nombre de nouveaux cas de coronavirus diagnostiqués par test PCR survenus au cours des 7 derniers jours. Ce chiffre est lié au nombre d’habitants, soit un taux exprimé pour 100 000 habitants. Le nombre de reproduction (R) correspond au nombre moyen de personnes infectées par un patient. Si ce chiffre est supérieur à 1, cela signifie qu’une personne atteinte de Covid-19 infecte actuellement plus d’une autre personne en moyenne et donc que la maladie progresse.

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Sur le Portail des géodes, Santé publique France propose plusieurs cartes donnant un aperçu à un moment donné de la circulation du coronavirus sur le territoire. Des cartes départementales et régionales peuvent être consultées sur le taux de positivité des tests (pourcentage de tests Covid positifs sur le nombre total de tests effectués) ou sur le taux d’incidence mentionné ci-dessus. Le seuil d’alerte a été fixé à 50 pour 100 000 habitants:

Les autres cartes sur la circulation du Covid:

Les cartes liées à la positivité des tests, à l’incidence voire au taux de reproduction du virus (ci-dessus) sont les premiers indicateurs de la circulation du coronavirus au niveau territorial. Les cartes montrant les actes de SOS Médecins ou les visites aux urgences sont des indicateurs pertinents dans un deuxième temps, lorsque la progression de l’épidémie commence à se traduire par le recours aux services médicaux. En fin de compte, c’est l’évolution du nombre d’hospitalisations ou de cas en réanimation qui confirmera ou non que le coronavirus circule effectivement (ou rebondit) sur un territoire donné. Cette carte montre le nombre total de personnes actuellement hospitalisées pour Covid-19 par département:

Les autres cartes sur les interventions médicales et les hôpitaux:

  • Taux d’actes quotidiens des médecins SOS en cas de suspicion de Covid: voir la carte
  • Tarif journalier des urgences pour Covid suspecté: voir la carte
  • Nouvelles admissions quotidiennes à l’hôpital: voir la carte
  • Nouvelles admissions quotidiennes aux soins intensifs pour Covid: voir la carte
  • Nombre de personnes actuellement en réanimation: voir la carte
  • Tableau de bord complet établi par Esri France: voir la carte

Dans le tableau ci-dessous, nous regroupons les derniers chiffres clés mis à disposition par Santé publique France et Géodes pour les départements et régions de France (ces derniers étant précédés d’une étoile *). Le classement se fait en fonction du taux d’incidence (nombre de tests positifs pour 100 000 habitants sur une semaine glissante, généralement communiqué avec 4 jours de retard). Les hospitalisations et réanimations correspondent aux patients «en cours» de soins à la date indiquée, décès cumulés depuis le début de l’épidémie.

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De nombreux autres graphiques ainsi que des cartes ont été produits par des scientifiques et par des revues reconnues pour tenter d’observer au plus près la trajectoire de l’épidémie et de comparer l’évolution du Covid-19 dans les différents pays touchés. Parmi ces courbes, celles établies à partir des données de l’Université Johns Hopkins aux États-Unis, sont parmi les plus complètes. Ces données sont notamment reproduites par le Financial Times, Google Studio et bien d’autres avec des mises à jour quotidiennes. Depuis mi-avril, nous nous basons sur les données et graphiques présentés par le site Notre monde en données, un projet conjoint de chercheurs de l’Université d’Oxford et de l’ONG Global Change Data Lab. Ces courbes et cette carte montrent le nombre de cas et de décès par rapport à la population, soit pour 1 million d’habitants.

Courbe du nombre de cas de coronavirus par million:

Carte du nombre de décès de coronavirus par million:

Se concentrer sur le nombre total de décès “bruts” dans chaque pays est en effet discutable, à un moment où la gestion de la pandémie par les gouvernements et leurs résultats suscitent de nombreuses comparaisons et des débats animés. Réduire le nombre de décès à la population est censé effacer le poids démographique de chaque pays, mais d’un autre côté cela n’efface pas la pyramide des âges qui présente parfois des différences très importantes d’un pays à l’autre.

L’autre avantage des courbes et des cartes du projet Our World in Data est de prendre en compte le retard d’apparition de l’épidémie d’un pays à l’autre. Selon les graphiques, le décompte commence à partir du premier cas ou du 100e cas détecté sur le territoire, voire, pour les décès, à partir du jour à partir duquel 5 décès ont été enregistrés dans le pays (jour 0 en abscisse).

Alveré Paquet

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